Home Analyses Mohamed Chaouki à la tête du RNI : le temps de l’action concrète

Mohamed Chaouki à la tête du RNI : le temps de l’action concrète

by saad
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ÉDITORIAL 

L’élection de Mohamed Chaouki à la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI) ne doit pas être lue comme un simple changement de garde. Elle intervient à un moment de tension politique silencieuse, où l’attente des citoyens n’a jamais été aussi forte à l’égard de ceux qui gouvernent. Les orientations royales, réitérées lors de l’ouverture de la session parlementaire en moi d’octobre dernier, sont claires : priorité à la justice territoriale, à l’efficacité et à la mobilisation de toutes les énergies. Reste à savoir si le nouveau président du parti pivot de la majorité saura en être le premier traducteur… ou s’il se contentera d’en être le porte-voix.

Car le mandat qui l’attend est, avant tout, un mandat de preuve. Preuve que la politique peut encore servir le développement et non seulement les appareils. Preuve qu’un grand parti de gouvernement peut incarner le changement qu’il promet. Preuve, enfin, que les discours sur la participation et la proximité peuvent se muer en mécanismes concrets et vérifiables.

À cet égard, la feuille de route est tracée par le réel lui-même. Les inégalités spatiales ne se réduiront pas par des subventions ou des projets clés en mains parachutés depuis Rabat. Elles exigent une politique ancrée dans les territoires, pensée avec eux et pour eux. Cela suppose une co-construction stratégique avec les élus locaux et la société civile – non pas comme une formule creuse, mais comme une méthode de gouvernement. Le RNI, avec son réseau dense d’élus, a ici une responsabilité historique : faire de chaque conseil municipal, de chaque région, un laboratoire de justice territoriale.

Mais pour cela, il faut en finir avec les réflexes bureaucratiques et les silos qui étouffent l’innovation. Briser les logiques de guichet, appliquer des méthodes agiles à la gestion interne du parti, suivre en temps réel les engagements des élus et évaluer leur impact réel : voilà le socle d’une crédibilité retrouvée. Les citoyens ne croient plus aux promesses ; ils croient aux résultats. Et les résultats s’obtiennent par une culture du contrôle, de la transparence et du rendement de compte.

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Cette exigence de transparence doit aussi s’appliquer à la manière d’élaborer les politiques publiques. Organiser des processus délibératifs innovants, associer dès l’amont les experts, le secteur privé et la société civile, s’inspirer des modèles hybrides de coordination : autant de leviers pour restaurer la confiance et améliorer la pertinence de l’action publique. Le RNI ne doit pas être une machine à voter, mais une plateforme d’intelligence collective au service du pays.

Enfin, l’urgence est là. Mohamed Chaouki arrive aux commandes en fin de législature, une période souvent synonyme d’essoufflement et d’attente. Ce doit être l’inverse : une période d’accélération et de démonstration. Les réformes attendues ne peuvent plus attendre la prochaine mandature. C’est maintenant qu’il faut agir, avec une détermination et une visibilité qui forcent le respect.

Au total, l’enjeu dépasse de loin la présidence d’un parti. Il touche à la capacité du système politique marocain à se réinventer, à produire de la légitimité par l’action et à répondre aux attentes d’une société en mouvement. Mohamed Chaouki a aujourd’hui les clés pour faire du RNI un accélérateur de cette transformation. S’il échoue, ce ne sera pas seulement un échec partisan. Ce sera un rendez-vous manqué avec l’histoire.

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